Épargner ou investir ?

Derrière ces deux démarches, un même objectif : préparer l'avenir. Alors, quelle est la démarche la plus appropriée ?

Sans surprise, la réponse n'est pas unique - mais il est parfois préférable de favoriser l'un ou l'autre, le principal facteur étant l'horizon de placement.

Épargner : se constituer un capital


Épargner permet de se constituer une réserve d'argent, en vue d'une utilisation dans le futur proche ou à moyen-terme. C'est une façon de gagner en sérénité entre deux versements de salaire, afin de pouvoir faire face à d'éventuelles dépenses imprévues et donc d'éviter d'entrer dans un cercle vicieux fait d'endettement et de stress.


Pour ne pas être tenté d'y toucher, mais aussi pour lutter contre l'inflation, il est fréquent de la placer et on distingue alors deux types d'épargne :

  • L'épargne « liquide » : disponible à tout moment, le retrait des fonds se fait de manière quasi instantanée. Elle est souvent déposée sur des livrets d'épargne type livret A ou livret jeune.

  • L'épargne « investie » : le retrait des fonds n'est pas instantané - il mais n'est pas bloqué non plus. Elle peut être déposée sur des plans d'épargne long terme, contrats d’assurance vie, et autres placements financiers.

Se constituer un fonds d'épargne devrait être pour chacun une priorité si ce n'est pas déjà fait. Commencer par fonds d'urgence équivalent par exemple à un mois de salaire, puis l'alimenter régulièrement (de préférence dès réception du salaire), est une bonne approche pour se mettre de l'argent de côté et ainsi pouvoir se prémunir contre tout éventuel coup dur.


Néanmoins, une fois un fonds d'épargne solide constitué, il devient intéressant d'investir son argent, dans une démarche qui s'inscrit davantage dans le long-terme.


Pourquoi certaines personnes choisissent-elles d'épargner sans jamais investir ? Il est possible qu'elles ne s'y connaissent pas en matière d'investissement, qu'elles ne sachent pas par où commencer, où qu'elles aient peur de prendre des risques. Après tout, laisser son argent sur un compte bancaire est une façon de le garder en lieu sûr... mais cela ne vous permet pas de le faire fructifier. Chaque année, votre argent vaut un peu moins que l'année précédente en raison de l'inflation : la hausse des prix réduit la valeur réelle de l'épargne, qui, elle, n'augmente pas.



Investir : faire travailler son argent


Investir, c'est placer son argent avec l'objectif de générer un bénéfice sur un horizon de temps plus lointain, à moyen ou long terme. Au cours de cet intervalle, la somme d'argent mobilisée pour effectuer un placement va accumuler des gains et donc fructifier.


Néanmoins, l'investissement comporte évidemment des risques qu'il est important d'identifier avant de se lancer : il faut être préparé à voir son compte varier à la hausse et à la baisse et éventuellement à perdre une partie de ses économies. Identifier les risques est une étape nécessaire qui permet ensuite de sélectionner des investissements en accord avec nos attentes.


Il est également important de ne jamais investir tout son capital : il est indispensable d'avoir un peu d'argent de côté pour affronter un éventuel coup dur ou une dépense imprévue. Mais, même lorsqu'elle est placée, l'épargne perd de la valeur tous les ans, à cause de l'inflation : tout est expliqué dans cet article.


Investir, au contraire, permet en moyenne d'obtenir une espérance de rémunération plus importante, à condition de laisser son argent suffisamment longtemps pour que les fluctuations ponctuelles s'estompent. C'est ce qu'on appelle le "couple rendement-risque" : plus le risque est important, plus la somme gagnée peut être élevée.



Alors, quand investir et quand épargner ?


Nous l'avons déjà dit : épargner est une démarche qui concerne le court-terme tandis qu'investir est une démarche à un horizon long-terme. Mais au fait, dans le monde de la finance, qu'est-ce que ça représente, le court-terme et le long-terme ?


Supposons que vous ayez 10 000 € et que vous souhaitiez les mettre de côté, sans savoir a priori quelle démarche favoriser. Supposons également que vous soyez prêt à rajouter 100 € par an, pendant 10 ans. Le graphique ci-dessous représente l'évolution de votre solde au cours des dix prochaines années :

Investir apparaît effectivement comme la solution optimale, mais la différence ne se creuse réellement qu'à partir de 5 ans environ : voilà la limite de temps qu'il convient de retenir.



Et concrètement, comment faire ?


Le facteur temps est le paramètre le plus important dans l'arbitrage entre investissement et épargne. Mais il ne fait pas tout : il existe plusieurs conseils à connaître pour espérer tirer le meilleur de son argent.


  • Épargner correctement

Comme expliqué, l'objectif est de se constituer une épargne de précaution à utiliser en cas d’imprévus. La sécurité du placement et la rapidité du retrait sont donc essentiels : les livrets bancaires par exemple sont des produits adaptés.


Concernant le montant de l'épargne, une règle fréquemment donnée est celle des 50/30/20 : 50% pour les besoins fixes (charges obligatoires et fixes comme le loyer, les remboursements de crédits, les transports, les assurances), 30% de dépenses fluctuantes (sorties, loisirs...) et 20% d’épargne. Naturellement, ces pourcentages varient en fonction de la situation personnelle et professionnelle de chacun.


  • Investir tôt

Investir tôt permet de profiter de la capitalisation. Avec ce mécanisme, l'investissement grandit de manière exponentielle : les gains récoltés sont à leur tour réinvestis, et génèrent des intérêts.


Par exemple, investir 1 000 € sur un placement financier avec un rendement annuel de 6% permet de gagner 60 € au bout d'un an. À cette date, le nouveau solde sera de 1 060 € : cette nouvelle somme va fructifier à son tour et permettre de gagner, au cours de la deuxième année, 64 € (soit davantage qu'au cours de la première année). C'est ce qu'on appelle les intérêts composés.


L'effet boule de neige des intérêts composés est d'autant plus important que l'échelle de temps est grande : aussi, il est préférable d'investir tôt et de placer de plus petites sommes, plutôt que d'investir des sommes plus importantes, plus tard.


Pas encore convaincu ? Regardons un autre exemple. Supposons qu'un individu décide d'investir une somme initiale de 500 €, ainsi qu'un apport annuel de 100 €, sur un produit avec un rendement annuel de 6%. Comparons ses résultats réels au bout de 20 ans avec ce qu'il aurait obtenu si les intérêts financiers n'existaient pas, et avec ce qu'il aurait gagné s'il avait commencé 10 ans plus tard, en investissant deux fois plus (1 000 € initialement et 200 € d'apport annuel supplémentaire) :

Les résultats parlent d'eux-mêmes ! Et notez bien que, dans les trois cas, la même somme totale a été investie.


Il ne faut donc pas avoir peur d'investir très tôt, même de petites sommes : c'est largement préférable que de remettre ça à plus tard, même en investissant davantage. Dans notre exemple, l'individu a commencé avec 500 € et s'est contenté d'un apport annuel de 100 €, pour finalement générer près de 3 000 € de bénéfices.


Alors, qu'attendez-vous pour investir ?